LAFFAIRE DESOMBRES

Un documentaire-fiction
denviron 50
2001
scénario et réalisation :
François Schuiten et Benoît Peeters
musique :
Bruno Letort
Production :
Les Piérides (Bruxelles)
Allogène (Paris)
Augustin Desombres fut-il un peintre pompier parmi bien dautres ou un artiste essentiel de la fin du 19e siècle? Répondre à cette question est dautant plus délicat que presque toute son uvre semble avoir disparu. Lenquête que mène une jeune femme permet pourtant de retrouver de très étranges documents, dont une série de partitions dune étonnante modernité...
"LAffaire Desombres" fut dabord un spectacle musical et multimédia, conçu par François Schuiten, Benoît Peeters et Bruno Letort, autour des compositions originales de ce dernier.
Le personnage central est le peintre Augustin Desombres. Bien que cet artiste apparaisse dans deux albums des "Cités obscures" ("Le Musée A. Desombres" et "Lenfant penchée"), le spectacle a été construit de manière à être totalement compréhensible pour ceux qui ignorent les travaux antérieurs de François Schuiten et Benoît Peeters. Les techniques utilisées sont empruntées à de nombreux domaines : conférence, concert, théâtre, opéra, cinéma, multimédia. Lensemble forme un objet insolite, susceptible de fédérer des publics très divers.
Créé à Grenoble le 3 décembre 1999, dans le cadre du Festival " Les 38e Rugissant ", repris à Paris au Forum des Images en mars 2000, "LAffaire Desombres" est un spectacle polymorphe, où lon rencontre une comédienne, des musiciens, mais aussi de nombreuses réalisations audiovisuelles, recourant aux techniques les plus variées. Cest une sorte d "aventure des images", qui nous emmène de la peinture pompier à limage de synthèse, en passant par la photographie, le dessin, le cinéma, les effets spéciaux.
Cest tout naturellement que ce récit prend aujourdhui la forme dun documentaire-fiction. Multimédia par essence, le travail des "Cités obscures" lest encore plus particulièrement dans le cadre de "LAffaire Desombres". Encouragés par lexpérience du documentaire-fiction "Le Dossier B", nous sommes persuadés quil reste dans ces directions de nombreuses pistes à explorer...
Même sil trouve son origine dans un spectacle vivant, " LAffaire Desombres " sera tout le contraire dune captation théâtrale ou musicale. Le récit a été profondément repensé en fonction de son nouveau support. Une grande partie du tournage aura lieu en Aveyron, dans les lieux mêmes quévoque le récit. Dautres éléments seront filmés en studio et dans une régie deffets numériques, explorant de nouvelles façons de faire vivre sur un écran le dessin et la photographie.
François Schuiten et Benoît Peeters
Desombres sort de lanonymat

Qui est Augustin Desombres ?
Peintre pompier ou génie méconnu de la fin du XIXe siècle ?
Cest une tâche complexe que de répondre à cette question. Bien des zones dombre subsistent après la destruction, en 1989, de son musée dans lAubrac et la dispersion de ses uvres et de ses biens lors de la grande vente réalisée lannée suivante. Aujourdhui, force est de constater quil ny a aucune mention de Desombres dans les dictionnaires, les encyclopédies générales ou spécialisées, ni même dans les ouvrages dhistoire de lart.
Le constat est dautant plus troublant que les preuves matérielles existent. Trois de ses toiles, dont létonnante Enfant penchée, ont été retrouvées récemment dans les réserves dun musée dAlbi, tout comme le carnet intime de lartiste et un impressionnant ensemble de photographies. Mieux encore, le musicologue et compositeur Bruno Letort sest penché sur ces carnets et y a découvert des notations musicales dune étonnante modernité : complétées par ses soins, ces morceaux sont rassemblés ici pour la première fois.
Lexistence sur Internet de plusieurs sites sur le sujet tend également à prouver que des amateurs éclairés sont bien décidés à percer ce mystère et rompre le silence qui règne depuis presque neuf décennies autour dAugustin Desombres. Certains ne craignent pas daffirmer que lartiste aurait été en fait une sorte de passeur . Grâce à son travail pictural, il aurait accédé à un univers parallèle au nôtre auquel il donnait le nom de "Cités obscures "...
Que lon prête ou non foi à ces affirmations, force est de constater que les matériaux réunis sont désormais suffisamment riches pour tenter de percer le mystère Desombres et contribuer à une réhabilitation de lartiste.
Un dernier élément mérite dêtre mentionné : la parution dune thèse, la seule référencée à ce jour, consacrée à Desombres.
Si lindifférence ou la négligence des conservateurs de musées, des collectionneurs, des critiques dart ont longtemps contribué à loubli de Desombres, ce travail entrepris par une jeune historienne dart méritait bien toute lattention de François Schuiten et Benoît Peeters. Contact pris avec linstigatrice de ces recherches, Catherine Aymerie aujourdhui devenue comédienne, ils constatent que malgré sa reconversion, la passion pour Desombres est restée intacte chez la jeune femme. Cest elle qui sera notre guide à travers luvre et la vie de celui que lon appelait naguère "le maître de lAubrac ".