La Folie Gachet

Benoit Landais

Collection "Bâtons rompus"

14,8 x 21 cm / 112 pages
Nombreuses ill. en couleur
ISBN : 978-2-87449-062-0
EAN : 9782874490620
16 €

   
   
 
Un siècle de contrefaçon dévoilé
 
 

"Aucun motif de doute !", déclaraient les organisateurs de l'exposition Un ami de Cézanne et van Gogh, le docteur Gachet  montrée successivement à Paris, New York et Amsterdam en 1999. Ils souhaitaient mettre un terme à la polémique disant la collection "truffée de faux". Las ! C'était compter sans un grand dessin "oublié" derrière une glace par le fils du docteur. Un grand portrait de son père, signé Vincent, daté 1890. Un pastiche d'après photos. Le modèle de "l'unique eau-forte de van Gogh" ! Un dessin destiné à réapparaître un jour, pour que le masque tombe, bien après la mort des acteurs. Pierre de rosette de la supercherie, le dessin donne les clés des faux, en trousseau.


 
     
 
Benoit Landais parle de La Folie Gachet
 
 



(c) Vladimir Peeters

 
     
 
L'affaire
 
 

Loin d'imaginer que leur dernière acquisition allait lever le voile sur le mystère de la famille Gachet, « amie des peintres », Isabelle et Thierry D. achètent en 2003 sur une brocante une grande glace prise dans un cadre Louis-Philippe. Le tain est par endroit mangé et en y regardant bien, le couple discerne un dessin dans les interstices.

Une fois le dos du miroir démonté, derrière une couche de journaux datant des années 1920, un imposant dessin est découvert. Un portrait du docteur Paul Gachet, assis dans son jardin ! Le dessin est signé « Vincent », et daté de « 1890 ». Très vite, le style leur rappelle celui de Van Gogh, le peintre « à l'oreille coupée ». Sans s'en rendre compte, les deux amateurs d'antiquités venaient de dénicher une œuvre du grand maître impressionniste. Rien de moins !

Et si c'était un vrai ?

La découverte de ce dessin en 2003 apporte la dernière preuve, formelle cette fois, qu'il manquait à Benoit Landais pour démontrer l'imposture de la famille Gachet. Expert de Van Gogh, le chercheur avait pourtant déjà maintes fois dénoncé leur hypocrisie mais n'avait réussi qu'à indisposer musées et propriétaires des œuvres contestées.

Car si le Portrait du docteur Gachet est bien de la main de Van Gogh, ce n'est que par procuration : les mains du docteur, reprises du Portrait de Julien Tanguy, datent de 1887 ! La chemise du docteur est arrachée à l'Autoportrait aux flammèches. Et même la Marguerite Gachet au piano se retrouve, malgré elle, au second plan du dessin. Au cours d'une minutieuse dissection, l'auteur se livre à une véritable autopsie, rattachant chaque pièce du puzzle à l'œuvre de Vincent Van Gogh.

La main qui a rassemblé toutes ces pièces n'est autre que celle de Blanche Derousse, nièce de la gouvernante du docteur Gachet et amie du fils. Douée en dessin, celle-ci suit les conseils du docteur en matière de création. Pour lui faire plaisir, elle décide de réaliser son portrait. Elle le représente, assis dans son jardin sous les branches d'un tilleul, et Benoit Landais parvient à démonter chaque élément du dessin pour nous en démontrer la provenance. Blanche Derousse n'a rien inventé. Elle a baucoup emprunté. La jeune novice part de tableaux de Vincent Van Gogh et d'un portrait photographique du docteur pour composer son portrait. La superposition des dessins par saisie numérique interdit toute méprise, il s'agit bien de recopie maladroite par une jeune dessinatrice.

Trop longtemps, le père et le fils Gachet ont eu droit de cité dans les milieux artistiques les plus prestigieux, subjugués et manipulés par la personnalité du Docteur. En 1999, le Musée d'Orsay, le Metropolitan Museum de New York et le Musée Van Gogh sont allés jusqu'à défendre ces « mécènes » dans des expositions visant à mettre un terme à la polémique.

Le nom des Gachet, label de qualité de leurs donations, semblait laver les manœuvres les plus audacieuses de tout soupçon, même si certains experts de l'époque remettaient déjà en doute l'origine de ces tableaux. Mais jusqu'ici, les preuves manquaient pour appuyer la thèse de la contrefaçon.

Par son enquête méticuleuse, Benoit Landais balaie des années de duperie. Avec La Folie Gachet, ce n'est rien de moins que des milliers de pages d'histoire de l'art qu'il amène à réécrire. Bille en tête, il emmène le lecteur au plus profond de l'atelier du faussaire et lui fait découvrir tous les rouages d'un secret familial.

Le maître lui-même avait des soupçons sur son prétendu ami. Aujourd'hui, ces mots écrits à Théo semblent prémonitoires :

« Je crois qu'il ne faut aucunement compter
sur le docteur Gachet. »

(Vincent Van Gogh, lettre du 10 juillet 1890)

 
     
 
L'auteur
 
 

Spécialiste de Van Gogh depuis vingt ans, Benoit Landais ne s'était pas fait que des amis en partant à l'assaut des Tournesols, du Jardin à Auvers, de Arlésienne ou, en 1997, de L'atelier du docteur Gachet. En réponse, la garde rapprochée avait transformé les œuvres dénoncées en autant de symboles. Elle s'est efforcée de noyer dans l'oubli les œuvres réapparues. Mais l'homme est tenace. Après deux livres sur ces questions, dont Vincent avant van Gogh (Les Impressions Nouvelles, 2003), il brandit, pour ce troisième ouvrage sur « Vincent », un grand dessin qui balaie la défense du docteur.

 
     
 
La presse
 
 

"Benoit Landais, spécialiste de Van Gogh, clôt ici une enquête qui trouble l'oeuvre de l'artiste depuis plus d'un siècle. Une démonstration claire, soutenue par des recherches approfondies, démantèle l'engrenage de cette supercherie et dénonce l'aveuglement des spécialistes et des instutions. Gage d'objectivité, l'histoire de l'art est un chantier permanent qui peut voir ses pages réécrites ou plutôt mieux écrites."

Art Absolument, mars-avril 2009

"L'analyse de Benoit Landais est fouillée, approfondie et permet au lecteur d'avoir une vue d'ensemble sur le fonctionnement d'une telle supercherie. (...) Le travail de Benoit Landais, bien documenté, ouvre de nombreuses portes vers des recherches ultérieures et on sent que l'auteur ne laissera pas tomber de sitôt le rétablissement de la vérité ; on ne peut que lui souhaiter de continuer encore et encore."

Le Journal du Pays basque, 31 janvier 2009

"L'amour de l'art est au centre de cette enquête. Pour balayer des années de duperies, Benoît Landais a la bonne idée d'avancer sur un jeu de l'oie, une sorte de Cluedo où le colonel Moutarde, docteur Olive et Miss Pervenche sont remplacés par les fiches signalétiques des principaux protagonistes, avec en tête de liste des suspects cette fameuse Blanche Derousse, si douée dans le domaine du glissement d'attribution…"

Dominique Legrand, Le Soir, 21 janvier 2009

 
     
 
Liens
 
 

Benoit Landais aux Impressions Nouvelles :

- Vincent avant Van Gogh, essai