LE DERNIER PLAN

 

long métrage 35 mm couleur (90’)

un film de Benoît Peeters

Film présenté aux festivals de Locarno, Le Caire, Bruxelles, etc.

 

 

 

"Parmi mes coups de cœur, je n’hésite pas à inscrire le film de Benoît Peeters, Le dernier plan"

La Presse - Montréal - 21/8/99

 

"Film dans le film, construction en jeu de pistes dans lequel Bernard Pivot et Pierre Arditi, jouent leur propre rôle, le film de Peeters est un labyrinthe narratif extraordinairement subtil..."

Le Temps - Genève - 11/8/99

 

 

L’histoire d’un homme qui voulait oublier sa vie et à qui un autre vient la raconter...

 

Virgil Iancu, un jeune réalisateur roumain, débarque à Paris accompagné de son cameraman. Il est à la recherche d’informations sur Constantin Dolinescu, célèbre écrivain dissident qui se réfugia en France en 1987 et entama la réalisation d’un film avant de disparaître sans laisser de traces.

L’enquête de Virgil lui permet d’approcher une série de témoins (dont Pierre Arditi, Jean-Michel Jarre, Pierre Assouline, François Schuiten...), éclairant peu à peu la personnalité tourmentée de Dolinescu, les aléas de son exil et les difficultés de son projet cinématographique. Le jeune homme met la main sur de nombreux documents, et notamment sur quelques extraits des deux versions du film inachevé.

L’implication personnelle de Virgil dans sa recherche est de plus en plus manifeste. Ce qu’il veut, plus encore que mener à bien son documentaire, c’est découvrir ce qu’est devenu Dolinescu : pourquoi ses proches ont-ils tant de réticences à parler ? et s’il n’est pas mort, où se cache-t-il ?

Après sa rencontre avec Sonia Delange, l’actrice qui tenait le premier rôle, et finalement sa confrontation avec Constantin Dolinescu, se révèlent les véritables enjeux de la quête du jeune homme et les liens intimes qui l’unissent à l’écrivain.

Bouleversé par l’état de Constantin, abandonné par son cameraman, Virgil commence à perdre pied. Veut-il arracher Constantin à son sort et le ramener en Roumanie ? reprendre le film abandonné et le finir avec lui ? N’est-ce pas plutôt de Sonia qu’il est en train de tomber amoureux, cherchant à la séduire à travers ses liens avec Constantin ?

 

 

7 mots pour un film

 

AMNESIE

" L’histoire d’un homme qui voulait oublier sa vie et à qui un autre vient la raconter " : pour l’instant, je n’ai pas trouvé de meilleure façon de LE DERNIER PLAN. En ce sens, oui, c’est un film sur la mémoire, et sur l’exil qui est un autre nom de l’oubli. Et notamment sur l’effacement si rapide de ce monde que l’on disait naguère de " l’Est ". Voyager à Prague, à Bucarest, ou à Sofia, voici quelques années, c’était voyager dans le temps bien plus que dans l’espace. Mais quand le Mur de Berlin est tombé, on s’est empressé d’en gommer toutes les traces, comme si un grand morceau d’Histoire devait disparaître, dans les villes et dans les têtes. C’est un thème qui n’a cessé de m’obséder, et l’une des sources de mon film.

 

CHAIR

Pour quelqu’un comme moi, qui viens surtout du monde du livre (bande dessinée, roman, essai), l’approche du cinéma, c’est d’abord une question de corps, et de chair, oui. Un film de personnages, filmé de très près. En ce sens, bien qu’il se passe entièrement en hiver et qu’il évoque des années de glaciation, LE DERNIER PLAN n’est sûrement pas un film froid…

 

DOLINESCU

Qui se souvient aujourd’hui de Constantin Dolinescu, l’un des dissidents les plus fameux de la période Ceausescu ? Né à Craiova (Roumanie) en 1936, Dolinescu publia son premier roman, L’invention Crusoë, en 1968 ; le livre eut un grand retentissement en Roumanie. Un peu plus tard, l’écrivain publia, sous le manteau, une Lettre ouverte à Nicolai Ceausescu. Ses deux livres suivants furent retenus par la censure. Pendant des années, la vie de Dolinescu ne fut qu’une longue suite de séjours en prison, puis en résidence surveillée. "Pour les Ceausescu, la littérature était une ennemie personnelle", expliqua-t-il plus tard, dans un entretien avec Pierre Assouline.

En 1987, suite aux pressions internationales, Dolinescu fut expulsé de Roumanie, et s’installa en France. Ne parvenant pas écrire en français, il se lança dans la réalisation d’un film, Le Négatif, avec Pierre Arditi dans le rôle principal, mais le tournage fut rapidement interrompu à la demande du producteur. Après la chute de Ceausescu, Constantin Dolinescu et son nouveau producteur, le Belge Pierre Drouot, se battirent pour monter un film qui s’intitulait désormais La Ride. Malheureusement, ce nouveau tournage avorta lui aussi, pour des raisons mystérieuses, et l’écrivain disparut de la circulation…

 

LEURRE

Depuis " Le dossier B " (dont j’étais co-scénariste avec François Schuiten et Wilbur Leguebe), on évoque souvent les mots de leurre, de jeu sur le vrai et le faux, à propos de mon travail. Et c’est vrai que ces questions continuent de me fasciner, pour des raisons qui m’échappent en grande partie. Ce qui est sûr, c’est que les frontières entre fiction et réalité sont de plus en plus poreuses. Les images, surtout celles qui prétendent nous informer, mentent de façon toujours plus habile. Et puisque LE DERNIER PLAN évoque la Roumanie, comment ne pas se souvenir de ces charniers de Timisoara, qui émurent le monde entier, avant de s’avérer truqués.

 

REGARD

Oui, c’est aussi un film sur le regard, et sur l’omniprésence des machines à regarder. Les caméras, les objectifs, les miroirs sont partout dans LE DERNIER PLAN. Tout ce qui nous est montré a été filmé par l’un des personnages. Mais ces viseurs, qui favorisent d’abord les contacts, finissent par devenir des obstacles. C’est ce que Virgil tentera de dire à Sonia, finalement : " Ça me rend fou quand je pense à tout ce que j’ai laissé échapper, avec toi... C’est ça que j’aurais dû filmer... Enfin non... Non, au fond, le pire c’est peut-être justement d’avoir filmé ce que j’aurais pu vivre... "

 

SONIA

Sonia Delange fut au centre de tout. Actrice principale dans le film de Dolinescu, elle fut sans doute la seule à connaître les véritables raisons de l’arrêt du tournage. Ce moment la marqua si fort qu’elle refusa pendant plusieurs années tous les rôles qu’on lui proposait, attendant que le film de Dolinescu ne se remette en route. Sans elle, c’est certain, Virgil n’aurait pas pu aller très loin. Mais avec elle, il lui fallut s’engager dans une direction qu’il n’avait pas du tout prévue…

VIRGIL

Virgil Iancu est né à Brasov (Roumanie) en 1975. En 1995, il entreprend des études à l’Ecole de cinéma de Bucarest ; il se lie d’amitié avec Toma Mazilu, son professeur d’image. En 1997, il arrête ses études et persuade Toma de se lancer avec lui dans la réalisation d’un documentaire sur Constantin Dolinescu. Dès lors, plus rien d’autre ne compte pour lui. Virgil a tenté d’expliquer les mobiles de sa fascination pour Dolinescu dans une interview au Soir, le 23 décembre 1998 : "Pour nous, Dolinescu est un grand écrivain, mais c’est surtout un symbole de l’absence de compromission par rapport au système Ceausescu. C’est le seul de nos écrivains à avoir résisté jusqu’au bout. (...) Voilà pourquoi j’ai essayé de retrouver sa trace. Je suis arrivé en France et j’ai reçu un accueil fantastique. J’ai rencontré François Schuiten, qui avait fait le storyboard du film de Dolinescu. François m’a fait connaître son ami Benoît Peeters qui, avec sa petite société de production a décidé de m’aider dans son projet. (...) Grâce à toutes ces rencontres, mon film a pris une tournure tout autre. C’est plus qu’un documentaire. C’est aussi un film qui dit des choses de moi." (Propos recueillis par Fabienne Bradfer)

 

 

 

Idée originale

François Schuiten

Benoît Peeters

scénario

Benoît Peeters

Sandrine Willems

Pierre Drouot

réalisation

Benoît Peeters

 

Interprètes

Virgil Iancu Florin Piersic Jr

Sonia Delange / Vera Manuela Servais

Constantin Dolinescu Mihai Dinvale

Ludovic Pierre Arditi

Toma Constantin florescu

Zamiatine Bernard Marbaix

Judith Marchal valérie van nitsen

Jean Dumaurier jean-michel vovk

Pavel Bernard Graczyk

Virgil enfant Antoine berger

Claude Rulisse Robert Bodson

 

et dans leur propre rôle

Pierre Arditi

Pierre Assouline

Erik Orsenna

Bernard Pivot

Jean-Michel Jarre

François Schuiten

Pierre Drouot

Paul Germain

 

image

Ella van den Hove

ingénieur du son

Jean-Jacques Quinet

décors

André Fonsny

montage

Susana Rossberg

musique originale composée par

Ivan Georgiev

directrice de production

Jacqueline Louis

assistée de

Patricia Kilesse

 

production

Les Piérides (Bruxelles)

 

avec l’aide du

centre du cinéma et de l’audiovisuel

de la Communauté française de Belgique

de la Loterie Nationnale

et des télédistributeurs wallons

 

 

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