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Les rêveurs
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un film de Sandrine Willems
fiction - Betacam digital - 55' - 2000
Ils errent sur une plage du Nord, blanche et déserte. Ils se souviennent de ce qui n'a pas eu lieu, ils espèrent ce qui n'arrivera pas. L'un vit pour son train qui ne roule plus, un autre pour ses pigeons, qui ne reviennent jamais. Jusqu'à ce que le réel les réveille brutalement, dans un amour, ou une guerre.
C'est un film sur l'attente, et le vide. Les huit personnages qui tournent en rond, sur une plage désertée, répètent au fil des jours les mêmes gestes, reprennent les mêmes trajectoires, espérant l'événement qui les délivre. Ils ont leurs rites et leurs manies, ils parlent sans s'entendre, les dialogues se croisent. Ils sont seuls, attendent de rencontrer quelqu'un, mais en sont incalpables. Aussi l'unique femme vraiment vivante qui surgit à la fin, a-t-elle, dans ce petit monde, l'effet d'une bombe.
Les plans très larges, de paysages du Nord, alternent avec ceux de visages, très serrés. L'intimisme domine, et la mer devient un personnage. Le cadre joue avec le vide, le blanc, et une monochromie bleutée. Une grande homogénéité est recherchée, jusque dans les décors, visant à la pureté. Les costumes aussi, appartiennent à une époque indéfinie, archaïque, comme de conte de fée. Tout réalisme est banni.
Le son renforce l'étrangeté. Les bruits les plus ténus prennent de l' ampleur, les voix chuchotent. Tout grince, craque, tremble, comme prêt à s'effondrer, depuis le vélo jusqu'à la chaise roulante, en passant par le train, qui fait un bruit de bateau. L'émotion des personnages n'est pas vraiment "psychologique", ils sont mus par des forces, ils finissent par ressembler à des mythes. Ils sont décalés, d'un autre âge, coupés du monde. Le temps aussi est ici bizarre, comme circulaire, plein de coïcidences frisant le miracle. Le cinéma s'amuse dans une naïve magie, l'histoire devient un conte, et espère faire naître une certaine poésie.
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interprètes
Olga ... Laure Pointeau Klaus ... André Lenaerts Jules ... Rudy Goddin Ania ... Serap Güven Le curé ... Daniel Donies Hugo ... Jean-Michel Vovk Gunar ... Bernard Graczyk Victor ... Ewald Chikovsky Pierrot ... Loïc Scalbert
scénario et réalisation Sandrine Willems directeur photo Guy Talin ingénieur du son Jean Timmerman décorateurs Chantal Talbot, Wim Klewais montage Monique Rysselinck montage son et mixage Jean-Jacques Quinet musique originale Ivan Georgiev assistante de production Patricia Kilesse producteur Benoît Peeters
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